Le capitulaire de Quierzy.
"L'Empereur tint son plaid général
dans la deuxième moitié du mois de juin. Il décida
par ses capitulaires comment son fils Louis gouvernerait le royaume
de France, avec ses fidèles et les principaux du royaume jusqu'à
son retour de Rome et, aussi, comment on lèverait un tribut dans
la partie du royaume de France qu'il possédait avant la mort
de Lothaire, ainsi que dans la Bourgogne. Il fut décidé
aussi, si un comte meurt, dont le fils est avec nous, que notre fils
avec nos autres fidèles désigne, parmi ceux qui auront
été parmi les plus intimes familiers et les plus proches
du défunt, celui qui veillera sur ce comté, avec les ministériaux
du comté et l'évêque, jusqu'à ce qu'il nous
en soit référé. Mais si le défunt laisse
un fils en bas âge, que celui-ci avec les ministériaux
du comté et l'évêque du diocèse, veille sur
le comté, jusqu'à ce qu'un rapport nous soit parvenu.
Si il n'y a pas de fils, que notre fils, avec nos autres fidèles,
désigne celui qui, avec les ministériaux du comté
et avec l'évêque, gérera le comté, jusqu'à
ce que soit rendue notre décision. Et à ce propos que
personne ne s'irrite s'il nous plaît de donner le comté
à un autre qu'à l'intérimaire. On procédera
pareillement à l'égard de nos vassaux. Et nous voulons
et ordonnons expressément qu'aussi bien les évêques
que les abbés et les comtes, et aussi nos autres fidèles,
agissent de même vis-à-vis de leurs hommes. En ce qui concerne
les évêchés et les abbayes, que l'évêque
et le comte du ressort le plus proche exercent l'intérim. Si
l'un de nos fidèles, après notre mort, veut, par amour
pour Dieu, renoncer au monde, laissant un fils ou un proche capable
de servir l'Etat, qu'il lui soit permis de lui transmettre ses honneurs,
selon qu'il le jugera le meilleur. Et s'il veut vivre tranquillement
sur son alleu, que nul n'ose lui faire obstacle, et qu'on ne lui demande
rien, sauf d'aller à la défense de la patrie".
M. G. H., Capitularia regnum Francorum, II, p. 358.